Interviews de Pape Diouf, Parain de IEJ Marseille

Pape Diouf et l’ECS

Pape Diouf, quelle a été votre actualité depuis votre éviction de la présidence de l’Olympique de Marseille ?

Pape Diouf : J’ai opéré une sorte de «retour aux sources» en acceptant la proposition de la chaîne Orange. Si j’ai reçu d’autres offres, de plusieurs grands médias notamment, je n’étais demandeur de rien et j’ai finalement choisi d’accepter la proposition d’Orange sachant que c’était celle qui correspondait le mieux à mes attentes du moment, en me permettant une plus grande liberté éditoriale. Enfin, j’ai également donné mon accord de principe à une grande radio nationale afin de participer à des émissions de façon hebdomadaire.

Qu’est ce qui vous a donné envie de vous impliquer dans le projet de créer une école de journalisme et de communication à Marseille ?

Pape Diouf : J’ai d’abord été approché par Franck Papazian, lequel a su se montrer extrêmement convaincant. Certes je ne demandais qu’à être convaincu puisque, pour parler trivialement, le journalisme est un domaine «qui me connaît». C’est un métier que j’ai exercé pendant plusieurs années et que j’ai, par la suite, enseigné. Sa proposition ne m’a donc pas laissé insensible d’autant que ses arguments ont tout de suite été très sérieux et précis. Cela a débouché sur un moment de réflexion puis j’ai donné un accord de principe. Enfin, ne restait qu’à finaliser cet accord, ce qui est allé assez vite dans la mesure où nous étions globalement sur la même longueur d’ondes.

Quels sont ces arguments ?

Pape Diouf : C’est d’abord tout le sérieux des écoles qu’il a déjà montées aussi bien à Paris qu’à Bruxelles, à Toulouse ou encore à Strasbourg. Je crois que c’est la démonstration d’une démarche sérieuse et également l’expression d’une volonté concrétisée. A partir de quoi, entre son savoir-faire dans le domaine et ma volonté de m’être toujours considéré comme journaliste ou en tout cas faisant partie de ce monde-là, le rapprochement a été vite fait.

Et cela correspond aussi à un retour aux origines pour vous ?

Pape Diouf : D’une certaine manière oui. Même si je n’ai plus la vocation de devenir journaliste de terrain, je dois toutefois dire que j’ai beaucoup exercé dans le milieu du football et les amis de ce milieu sont quasiment tous des journalistes. Donc c’est un métier dont je ne me suis jamais éloigné d’autant que je suis de ceux qui pensent qu’une fois qu’on est journaliste on l’est à vie.

A quoi ressemblera l’ECS-IEJ de Marseille ?

Pape Diouf : Il y a dans ce projet, deux aspects essentiels. Le premier est d’ordre structurel. Sur celui-ci  Franck Papazian a déjà montré tout son savoir-faire quant à l’installation d’une telle école. Il a ainsi la maîtrise totale de ce volet. Le second, et c’est ce sur quoi nous nous rejoignons et donc la raison pour laquelle nous nous associons, réside dans la qualité. L’expression affichée de notre volonté est de faire une école qui puisse répondre au souci de la qualité. C’est primordial d’autant qu’il existe déjà une école de journalisme à Marseille. Néanmoins, celle que nous souhaitons mettre en place devra répondre en premier lieu à une exigence de qualité et puis surtout sera une réponse à des besoins liés à une ville telle que Marseille. C’est quand même la deuxième ville de France et qu’elle soit dotée d’une deuxième école de journalisme et d’une école de communication développerait pas mal de choses.

parains de l'ecome de communication à marseilleConcrètement quel sera votre rôle dans cette école ? Allez vous-être, avec Jean-Pierre Foucault, des « parrains » pour celle-ci ?

Pape Diouf : Oui, il est vrai qu’il y a le souci de parrainer d’autant que Jean-Pierre Foucault comme moi sommes de la ville, nous sommes connus à Marseille, et que, même si je parle en son nom, nous avons un certain crédit donc, c’est vrai qu’à ce niveau-là il ne devrait pas y avoir de problèmes. Mais ensuite, ce que nous voulons surtout c’est arriver à créer quelque chose de qualité, à fonder cette école-là. Alors, nous n’y serions peut-être pas arrivés seuls, alors que Franck Papazian, qui a réussi à fonder ces écoles sans nous, aurait pu mener à bien ce projet à Marseille. Toutefois cette association répond surtout à la réalité que l’union fait la force, surtout si cette union repose sur la qualité.

Franck Papazian, comment cette école s’y prendra-t-elle pour répondre aux besoins de la profession ?

Franck Papazian : Il faut effectivement rappeler que le groupe ECS a des écoles à Paris, à Bruxelles, à Toulouse et à Strasbourg mais il manquait, il est vrai, le pôle sud-est. De plus, nous avions très envie de créer ces écoles de communication, l’ECS, et de journalisme, l’IEJ, à Marseille. Lorsque j’ai eu vent de la possibilité de rencontrer Pape Diouf, une vraie personnalité des médias du journalisme de la communication en général et un exemple pour beaucoup de jeunes, un exemple de réussite mais aussi d’intégrité, je n’ai pas hésité et j’avoue avoir été accueilli à bras ouverts. On a discuté et je lui ai présenté le parti pris pédagogique très professionnalisant de notre groupe, formant à tous les métiers du journalisme, sur les quatre médias : la télévision, la presse écrite, la radio et Internet. Et l’école de communication forme à tous les métiers, de la communication à la publicité, en passant par les relations-presse, les relations-publiques, l’événementiel, etc... Avec le souci de faire évoluer  notre formation au même rythme que l’évolution des métiers et de la profession.
Nous sommes dans des mondes, que ce soit la communication ou le journalisme, qui évoluent en permanence. Et nous ne sommes pas de ces écoles qui figent leurs programmes, qui figent leur parti-pris pédagogique. Nous sommes à la recherche de l’excellence dans la pratique et dans l’opérationnalité. Ce sont deux mots auxquels nous sommes attachés car nos étudiants, lorsqu’ils quittent l’école pour entrer dans le monde du travail, sont ainsi pleinement opérationnels et s’intègrent dans les rédactions, dans les entreprises, dans les médias, dans les agences, comme des poissons dans l’eau.

Pourquoi avoir contacté Pape Diouf et Jean-Pierre Foucault ?

Franck Papazian : Tout simplement car nous avons la conviction que dans une région phare, capitale européenne de la culture, deuxième ville de France, il y avait la nécessité de créer une école de top-niveau. Nous amènerons donc comme Pape l’a dit, notre savoir-faire, notre expérience dans la partie pédagogique et structurelle.
Pape Diouf et Jean-Pierre Foucault nous feront bénéficier de leur vision professionnelle dans les programmes, les contacts, les intervenants ainsi que dans la philosophie même de l’école. Ils ne seront pas que des cautions ou que des ambassadeurs mais seront véritablement impliqués, dans la construction de la logique pédagogique, dans la recherche des meilleurs intervenants, dans la construction d’un réseau.
Parce que nous donnerons à nos étudiants marseillais et de l’ensemble du sud-est de la France, le plus de chances possibles afin qu’ils réussissent. Et cela ne peut se faire qu’avec un parti pris pédagogique éprouvé.

En terme de réseau justement, Pape Diouf vous parliez de vos amis et nombreux contacts journalistes, allez vous faire appel à eux dans la recherche d’intervenants par exemple ?

Pape Diouf : Forcément car ce n’est pas «pour la parade» que j’ai donné mon accord de partenariat à Franck. A ce sujet j’ai une anecdote assez croustillante puisque c’est en lisant une fausse information, dans le quotidien l’Equipe, me prêtant l’intention de créer une école de journalisme, que Franck a pris contact avec moi. C’est assez croustillant dans le sens où à ce moment là l’information était complètement erronée. Mais le contact que j’ai pu avoir par la suite avec Franck a rendu cette fausse information en un fait concret. Car l’homme a su être convaincant je le répète, et en consultant et recensant l’ensemble des projets qu’il a initiés et mis en place, j’ai ressenti une grande tentation et beaucoup d’envie à l’idée de faire ce chemin avec lui. Et puis vous savez, je suis un homme qui marche beaucoup à l’intuition. Et l’ensemble de mon parcours et toutes les décisions que j’ai pu prendre ont été dictées par ma seule intuition. En l’occurrence ici aussi, donc oui si je m’engage ce n’est pas simplement, je le redis « pour la parade », ou pour simplement prêter un nom.  Mais c’est aussi parce que j’ai envie d’apporter mes idées, de faire fonctionner évidemment certains réseaux qui existent mais réseaux dans le sens noble du terme, de manière à pouvoir répondre très concrètement et complètement au projet tel qu’il est aujourd’hui établi.

Franck Papazian, peut-on d’emblée imaginer que cette école s’appuie sur ce qui se fait à Paris, notamment en termes de structure ou de polyvalence de la formation ?

Franck Papazian :  Complètement, c’est notre parti pris et notre philosophie pédagogique. Là encore, les étudiants qui sortiront de ces écoles seront des professionnels polyvalents du journalisme pour les étudiants de l’IEJ ou de la communication pour ceux de l’ECS. Ils seront en presse écrite, en télévision, en radio ou sur Internet ou ils seront attachés de presse, chargé de relations publiques, organisateurs d’événements dans la pub, la communication d’entreprise, etc. pour ceux qui sortent de l’ECS. On a un parti pris de groupe très important et gagnant.

Le challenge que l’on se fixe tous, en permanence, c’est non seulement de former les meilleurs mais aussi de tout mettre en œuvre pour que lorsqu’ils sortent de l’école ils puissent rentrer dans le cadre d’une carrière professionnelle réussie.


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