Interviews de Jean-Pierre Foucault,
Parain de IEJ Marseille

Jean-Pierre Foucault et l’ECS

Jean-Pierre Foucault, comment s’est passée votre rencontre avec Franck Papazian ?

Jean-Pierre Foucault : nous avons été mis en relation par un ami commun et tout de suite ce qui m’a paru intéressant, c’est que nous parlions le même langage, du moins en ce qui concerne les métiers du journalisme et de la communication. Cela a évidemment contribué à nous rapprocher.

Franck Papazian : C’est véridique. C’était une rencontre placée sous le signe de la simplicité. La discussion s’est tout de suite engagée sur le projet pédagogique des deux écoles que nous souhaitons mettre en place à Marseille, après une présentation du groupe d’écoles que nous avions déjà.
Je dois confesser avoir été assez surpris de la manière dont Jean-Pierre Foucault a appréhendé ce dit-projet. Il l’a véritablement appréhendé en professionnel des médias, de la communication, de la télévision,  et a affirmé d’emblée sa volonté d’être fidèle à ses valeurs, de ne pas mentir aux étudiants, de ne pas les faire rêver inutilement, de ne pas leur faire de promesses vaines, mais être en mesure de leur apporter un vrai métier, avec de vraies chances de réussite...  Ce qui est en accord avec notre parti-pris pédagogique depuis des années : former de véritables professionnels tant dans l’univers du journalisme que celui de la communication.

Jean-Pierre Foucault : Pour résumer, on m’a proposé une bonne vingtaine de fois d’associer mon nom à des écoles mais je n’ai jamais voulu le faire car, en amont, il n’y avait rien de solide et de sérieux. Il pouvait s’agir d’une opération financière dans le sens ou les dirigeants tablaient sur un nombre d’inscrits et d’élèves mais ne parlaient jamais de l’aboutissement du travail de ces étudiants. C’est ce qui m’a toujours poussé à refuser. Là, en l’occurrence, avant même de parler de quoi que ce soit et d’associer mon image, Franck m’a parlé des études, du cycle d’études, des étudiants qui sont « casés » à la fin du dernier cycle et m’a donc présenté un vrai projet. C’est pourquoi, pour la première fois, j’ai accepté d’y associer mon image. Pour moi cela revêt une importance particulière, d’une part parce qu’il s’agit de mon image et donc de mon fond de commerce, d’autre part parce que c’est à Marseille et que je ne peux pas trahir ceux et celles qui me font confiance depuis tant années.

Justement la situation géographique de cette école a-t-elle été décisive dans votre réflexion ?

Jean-Pierre Foucault :  Je ne vais pas vous dire non d’autant plus que, c’est vrai, je suis attaché à ma ville. Or, pour travailler, je n’ai eu d’autre choix que de la quitter. Qu’une école de cette renommée s’installe à Marseille est donc d’autant plus remarquable puisque certains élèves dans le journalisme et la communication vont pouvoir rester à Marseille. D’autres vont certainement la quitter, mais certains auront la possibilité de rester dans leur ville. Vous vous rendez compte la chance que c’est de pouvoir trouver un métier en bas de chez soi. Pour ma part je trouve cela extraordinaire et ce sera peut-être là l’une des opportunités qui sera offerte aux étudiants.

Franck Papazian : Et puis surtout cela offrira aux étudiants marseillais, l’occasion de pouvoir s’inscrire dans un projet pédagogique dans leur  propre ville. C’est important car tout le monde n’a pas les moyens de quitter sa ville, d’aller à Paris de louer un appartement …  On leur donne l’opportunité d’apprendre un métier, d’appréhender une future carrière dans le cadre d’écoles déjà éprouvées, avec un vrai projet pédagogique. Des personnalités comme Jean-Pierre Foucault ou Pape Diouf vont permettre à ces  deux écoles et leurs réseaux de rayonner encore plus. C’est un vrai, beau projet et j’en profite pour remercier Jean-Pierre Foucault d’avoir accepté cette proposition qui n’est pas une association d’image.

Jean-Pierre Foucault :  Ce n’est pas qu’une affiche. On est d’ailleurs ici dans un studio radio et il y a quelques années une radio avait pris tous les gens célèbres de la télé pour faire de l’antenne et ainsi avoir une belle affiche. Cela n’a pas marché et ce n’est pas ça en l’occurrence. L’affiche c’est important certes mais il y a la confiance derrière le travail qui est à fournir de la part des élèves et l’enseignement à donner de la part de l’école.

Franck Papazian : Ainsi Jean-Pierre Foucault comme Pape Diouf ne mettent pas uniquement leur image ou leur notoriété au service de ces écoles mais vont véritablement s’investir, notamment, dans la réflexion pédagogique, la recherche des meilleurs intervenants, les discussions concernant la situation de l’école, autant de preuves, s’il en fallait, qu’il s’agit là d’un vrai partenariat. Ils sont d’ailleurs associés au projet en tant que partenaires capitalistiques. C’est primordial pour moi, sinon j’aurais simplement demandé à Jean-Pierre Foucault d’associer son image, il aurait accepté ou il aurait refusé mais nous sommes vraiment loin de ce seul aspect en réalité.

Jean-Pierre Foucault : Vous savez quand j’ai commencé dans ce métier, c’était le royaume de l’à-peu-près. On cherchait, on tâtonnait, et je vous dis cela alors que je parle à la radio tous les matins depuis maintenant 43 ans. Avec l’école nous allons gagner beaucoup de temps. Ainsi les étudiants n’auront plus besoin de chercher ou de tâtonner. Ils auront des règles, des cours, des programmes, des projets et c’est cela qui est formidable. On peut donc dire que j’ai perdu mon temps, si j’avais connu l’école peut-être que... Mais bon je ne regrette rien.

Alors  justement, quelles sont selon vous les qualités essentielles d’un journaliste ?

Jean-Pierre Foucault :  Etre sincère, être soi-même, ne pas prendre parti, rapporter l’information et surtout la vérifier. D’autant qu’on est sous le règne d’Internet où on dit tout et n’importe quoi. Or un journaliste ne doit pas dire tout et n’importe quoi. Chacun s’imagine, et là je ne parle pas des journalistes qui travaillent sur le Net, que dès lors qu’il a un clavier dans les mains, il détient la vérité mais ce n’est pas vrai. Pour l’anecdote il m’arrive parfois de lire des choses me concernant sur le Net, et je vous assure que les bras m’en tombent. Des choses archi-fausses que souvent les lecteurs prennent pour argent comptant. Il faut donc que le journaliste soit conscient de cela, soit responsable, vérifie ses sources et traite l’information le plus dignement possible.

Comment comptez-vous orienter l’enseignement de cette école ?

Jean-Pierre Foucault : Ce n’est pas à moi de l’orienter. Mon rôle sera bien entendu d’en parler avec Franck Papazian, les dirigeants et les enseignants de l’école et de donner mon avis. Un avis d’utilisateur et de professionnel avec l’expérience qui est la mienne. Mais je ne suis pas journaliste mais animateur. Cela dit, il y a deux cercles très précis dans la communication. Le premier réservé essentiellement aux journalistes et un autre, beaucoup plus grand, qui englobe la radio, la télévision… Et qui est interpénétrant. Je serais plus apte à donner mon avis sur ce second cercle. Encore que, pour ce qui est du premier, la rigueur, le travail, l’honnêteté sont autant de valeurs pas si inaccessibles à condition de volonté et de persévérance.

Comment comptez-vous répartir les rôles entre vous trois et en tant qu’associés ?

Franck Papazian : D’abord il faut préciser que nous parlons là d’un projet qui a déjà laissé place à la discussion. C’est-à-dire que nous sommes sur le projet de l’ECS pour l’école de communication, et l’IEJ pour ce qui est du journalisme. Deux écoles avec un parti-pris pédagogique commun à l’ensemble de notre groupe : des écoles professionnalisantes,  qui préparent à tous les métiers du journalisme pour l’IEJ et tous les métiers de la communication pour l’ECS, dont les intervenants sont tous des professionnels. Nous sélectionnerons les meilleurs sur Marseille afin de donner la meilleure formation possible à nos étudiants.
Nous avons une deuxième partie qui est pré-professionnelle avec des stages proposés à tous nos étudiants. Là encore nous aurons le bénéfice de leur réseau qui nous permettra d’avoir un contact avec les meilleures agences, les meilleurs journaux, les meilleures radios… Enfin il y aura un contrôle permanent du niveau de l’école et j’y tiens beaucoup d’autant qu’on le fait ailleurs à Paris, Strasbourg, Toulouse et Bruxelles. Mais à fortiori ce contrôle-qualité sera encore plus important à Marseille.

Marseille c’est aussi et surtout l’OM, l’école proposera-t-elle une formation axée sur le sport ?

Jean-Pierre Foucault : C’est l’un des volets du journalisme bien entendu. Néanmoins c’est vrai que si vous parlez d’école à Marseille, de journalistes à Marseille et de l’Olympique de Marseille, j’ai un peu peur que l’impartialité ne soit pas de mise et qu’ils aient plutôt tendance à mettre en avant le club (rires). Moi-même je fais partie du club depuis 12 ans, m’occupant de la formation... encore la formation d’ailleurs... Nous avons une quarantaine de joueurs issus du centre et évoluant un peu partout dans le monde y compris dans l’équipe première de l’Olympique de Marseille, ainsi que des amateurs. Là pour faire un parallèle, il n’y aura pas d’amateurs dans cette école, au sens péjoratif du terme, et la formation sera de qualité.

L’IEJ et l’ECS Marseille ont-elles vocation à être les meilleures écoles de journalisme et de
communication ?

Franck Papazian : L’IEJ et l’ECS Marseille seront à l’exemple de l’IEJ Paris ou des ECS que nous avons à Paris, à Strasbourg, à Toulouse ou à Bruxelles. Ce qui nous intéresse véritablement c’est de proposer les meilleures formations possibles pour que nos étudiants soient les meilleurs sur le marché. Et nous y arrivons comme nous allons y arriver à Marseille, je n’ai aucun doute là-dessus.

Jean-Pierre Foucault :  Quand vous vous lancez sur un projet, moi en tout cas, c’est ma discipline, quand je me lance dans quelque chose c’est pour être le meilleur ou les meilleurs sinon je ne pars pas sur le projet.

Franck Papazian : On a en tout cas tous les atouts en main pour le faire. On a notre professionnalisme, celui de Jean-Pierre Foucault et de Pape Diouf, on aura les meilleurs enseignants, les meilleurs stages, donc oui nous ferons la meilleure école.


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